COCOONING

Comme nous l’avions vu la dernière fois, la transition commence par une fin.  Le deuil qui permet l’acceptation de cette fin étant achevé, nous nous sommes retrouvé à un carrefour.  Autrefois, nous avions déjà connu ce genre de situation.  Pourtant, à l’époque, ça n’avait pas semblé si long et compliqué ! On avait réussi à remonter plutôt bien la pente ; même que plusieurs fois ça avait été l’occasion de s’améliorer, de trouver de nouvelles solutions et d’évoluer.  Cette fois, ce n’est pas pareil… On arrive pas à rebondir ; quelque chose de plus profond en nous nous maintient en retrait.  La tentation est forte de trouver des solutions rapidement, de se bouger mais, en fait, pas grand chose ne nous fait envie…  Pas même ces choses que l’on aimait faire avant !  On ne se retrouve plus, voire même on ne se comprend plus.  La phrase qui revient souvent en boucle c’est : « Ça n’a plus de sens ! », ce que l’on faisait avant n’a plus de sens maintenant.  Tout notre être à juste envie d’une chose – si on l’écoute -… s’arrêter et prendre du temps pour soi… et éventuellement se trouver une île déserte où l’on sera en paix pour le reste de notre vie !

Nous sommes dans la zone de latence…

Étape 8 : Maturation / zone neutre, de latence

Cette zone de latence est semblable à une période de gestation de notre Être profond, comme une petite graine plantée dans le sol attendant le printemps pour sortir ses premiers germes… Cette période qui peut sembler improductive tant on a envie de rien, est en fait, nous le verrons, une véritable bénédiction.  Mais la tentation de combler ce vide apparent aussi vite que possible est quasi innée… Souvent, à ce stade, on se trouve tiraillé entre l’envie irrésistible de faire une grosse pause, de prendre son temps et la peur de se retrouver à l’écart, de sombrer, de tout perdre,… si l’on ne « se remue pas ».  Prendre son temps n’est pas si simple dans notre société où tout va de plus en plus vite, où il faut être performant et présent, pour répondre à tous ces rôles que l’on s’est attribués …

Il serait toutefois vraiment dommage de passer à côté de cette parenthèse dans l’existence. 

Bien sur, l’étape de maturation est inconfortable : on ressent souvent beaucoup de fatigue, de confusion, un grand besoin de s’isoler… En résumé, on fonctionne un peu au ralenti, en mode sans échec pour les informaticiens de la fin du 20ème siècle 😁 !   En fait, on aurait très envie de s’abandonner ; et c’est bien la fonction première de cette zone neutre : lâcher prise et commencer le démantèlement de notre ancien nous ; nos anciennes valeurs, nos anciennes croyances, notre identité, afin de se renouveler.

La chenille … le papillon … ça vous dit quelque chose ??

Si l’on se réfère à notre futur papillon, qui est en milieu de transition dans son cocon, deux choses sont vraiment essentielles à ne pas faire au cours de cette étape :

  • vouloir accélérer vers la sortie du processus : vous risqueriez d’avoir une aile atrophiée ;
  • vouloir revenir en arrière : euh… une chenille qui veut rester chenille mais avec quand même des antennes de papillon… mouais… bof bof ! En fait on ne peut pas revenir en arrière à moins de vous faire neurolyser par Will Smith 😁… (source : « Men in black », oui je sais je suis nostalgique des années 90…)

Ainsi, notre peur face à ce grand vide explique souvent  notre résistance face aux transitions.  La deuxième chose est que l’on se trouve dans « l’entre deux » : on a conscience que notre ancienne façon d’être à cesser d’exister, mais on a encore aucune idée précise de ce que sera la prochaine.

Mais à pourquoi tant de haine ?! Je voulais dire: À quoi sert la transition?

La transition est un processus de transformation, comme notre papillon de tout à l’heure, cela repose sur un processus de « mort symbolique » qui précède la renaissance.  C’est une étape essentielle vers une vraie expansion de la conscience de soi, un grand pas vers ce que nous voulons  vraiment . Et pour ce faire, il ne nous est malheureusement pas possible d’appeler le SAV pour changer une pièce de notre machinerie, ou bien de se connecter au wifi tout en se branchant à la prise pour faire une mise à jour… (Ça arrivera peut-être un jour cela dit !! 😁).  

Ce chaos c’est un peu comme quand nous décidons de faire un grand nettoyage de printemps. Au début, il y a plus de désordre qu’avant d’avoir commencé, quand tout était « bien rangé ».
On a sorti toutes les vieilles affaires du placard, afin d’y voir plus clair sauf, qu’à ce moment là, on se dit : « pfff… c’est le b… ! Comment je vais faire pour ranger tout ça ! » En plus, ça nous a pris un paquet de temps pour tout déranger !
Revenir en arrière serait un mauvais calcul (#Kevin pour les connaisseurs).  On mettrait autant de temps que pour vraiment ranger… mais sans le résultat escompté.
Donc on se pose et, à force de faire du tri, on retrouve avec joie de vieilles affaires qu’on avait oubliées mais qui sont revenues au goût du jour ou au contraire on décide de ne garder que l’essentiel car on veut plus de place pour la nouveauté,…
Finalement, en s’investissant réellement dans ce rangement, le chaos prend une forme nouvelle, on organise différemment nos placards et l’ordre prend enfin sa place à notre grande satisfaction : on a acquis un nouveau point de vue.

Si vous arrivez à vous dire que ce chaos, certes douloureux, fatiguant, est une étape de tri, de déconstruction passagère pour reconstruire sur de nouvelle base, votre point de vue pourrait être différent et alléger un peu cette période.

Quoi qu’il en soit, mettez toute l’attention que possible à cette situation.  Attendre simplement qu’elle passe, comme si de rien n’était, ne serait qu’une perte de temps car elle finira toujours par revenir tant que vous ne lui consacrerez pas toute l’attention dont elle a besoin.  Alors ALLER-Y ! ABANDONNEZ VOUS À CETTE ÉTAPE DE MATURATION. Et trouvez-en le sens de façon à en sortir plus vite.

Que faire concrètement pendant cette période ?

Je me garderai bien de vous donner des recettes toutes faites car l’idée principale est que vous parveniez à vous définir et déterminer ce qui est bon pour vous.  Cependant, il y a quelques actions ou façon de penser qui peuvent être utiles :

  • On l’a dit et redit mais on ne le dira jamais assez, accepter cette période de maturation est la première étape à franchir
  • Prenez soin de vous ! Ou permettez-vous de prendre soin de vous ! C’est le moment de tester ce qui vous fait du bien, quelles sont les activités qui vous ressourcent ? (les arts ?, les promenades dans la nature ?, le sport ?, les sorties entre amis ?,…) ;
  • Aménagez votre temps afin que vous puissiez profiter de retrouvailles avec vous-même sans autres distractions,
  • Et faites-vous épauler, votre entourage peut-être une source de soutien ;
  • Tenez un journal de vos expériences : ce que vous ressentez, ce que vous découvrez de vous, vos envies naissantes ou ce que vous ne voulez plus,… Cela vous aidera à conscientiser ce qui est en train de changer dans votre système de valeurs, besoins, croyances ;
  • La liste est non exhaustive car en fait le principe est de penser à vous et, en ce sens, écoutez-vous.

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux, rien de trop »

Cette invitation à l’introspection qu’est l’étape de maturation me rappelle cette devise inscrite au frontispice du Temple d’Apollon à Delphes, que Socrate reprendra par la suite à son compte.  C’est une manière de s’interroger, de se remettre en question, de se soucier de soi et d’en découvrir ce qui est vraiment important, ce que l’on veut faire et comment on veut le faire.  Trouver sa véritable identité est infiniment plus fort et important que tout ce à quoi nous avons bien pu nous accrocher jusqu’à présent.  Et ça n’a pas besoin d’être enjolivé d’une façon ou d’une autre (rien de trop).  En somme, c’est une invitation à se connaitre et à ne pas se prendre pour ce que l’on est pas…

En lâchant prise sur « l’ancienne identité », naît les envies véritables, le sens que l’on donne à nos actions et vient progressivement la confiance née de l’acceptation de nos failles, nos faiblesses et de nos fragilités.

C’est aller à la rencontre de notre propre chemin et donner à notre vie un véritable sens qui s’enracine en nous et procure un ancrage duquel découle nos actions, nos choix confiants, alignés et congruents.

Petit à petit, vous vous retrouverez et heureusement tout cela n’empêche pas la vie de suivre son cours, notre inconscient accompagne pour une très grande part le travail nécessaire à notre évolution…

Dans la prochaine et dernière partie de l’article nous verrons la phase de déblocage et de renouveau de soi.

A très vite !

Si vous aussi vous vivez une phase de maturation et avez besoin d’un accompagnement, nous pouvons travailler ensemble.

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