Changement et Transition [1er]

LES ÉTAPES CLÉS POUR RETROUVER UN ÉQUILIBRE DANS SA VIE :

AU COMMENCEMENT… LA FIN

 

La fin ?! Mais La fin de quoi ? 

Le changement ne signifie t’il pas le début de quelque chose ? Quelque chose de nouveau ?

 OUI… et non…

Tout d’abord petite précision, il est important de faire la différence entre changement et transition.  Dans son livre « Transitions de vie : comment s’adapter aux tournants de notre existence », William Bridges nous propose deux définitions :

  • le terme changement désigne une réalité concrète, objective. Par exemple un déménagement, une prise de poste, une naissance, la perte d’un être cher, une réorganisation dans l’entreprise où l’on travaille, un divorce…
  • la transition, en revanche, désigne une réalité psychologique, subjective.  Ce sont les adaptations internes que le changement implique.

“Un changement ne prend que s’il est intégré par l’individu grâce à une transition.”

Le changement lui-même peut être de deux types :

  • Type I : celui-ci ne présente pas de remise en cause globale de notre système.  Il pourra concerner notre environnement, nos comportements ou encore nos capacités. Il peut être prévu ou imprévu, et nous demandera de changer nos habitudes ou nos stratégies sans remettre en question les fondements de notre existence.  On pourra le considérer comme un progrès ou une évolution du chapitre de vie que l’on est en train de vivre.
  • Type II : celui-ci est plus profond, il nous amènera à nous métamorphoser.  Il peut être prévisible ou pas, il provoquera en tout cas une crise qui nous amènera à quitter notre ancien point d’équilibre, à revoir nos valeurs/croyances, notre identité, notre appartenance et, à terme, à trouver un nouveau point d’équilibre.  Le premier changement de type II est la crise d’adolescence où l’on prend possession de sa propre vie, on définit ses valeurs, son identité en se différenciant de ses parents.  Ensuite vers la trentaine on peut faire l’expérience d’une première transition de l’adulte,  vers quarante ans la fameuse crise du milieu de vie, puis la cinquantaine,…  

La transition identitaire peut démarrer par un changement extérieur à nous – un événement tragique, un divorce, la retraite, le départ des enfants – mais elle peut aussi commencer par des changements internes – la conscience que les choses ne nous conviennent plus – et provoquer du coup des changements extérieurs.

Dès lors, si en effet, la nouveauté, le début de quelque chose d’extérieur à nous, se profile dans notre vie – qu’on l’ai souhaité ou pas -, cela provoque en nous une rupture et donc… la fin d’une ancienne situation.

Par exemple, avoir un bébé peut signifier la fin de plusieurs situations : nous ne sommes plus libre de faire ce que l’on veut quand ça nous chante, on ne maitrise plus nos heures de sommeil,… c’est un peu la fin de l’insouciance ou en tout cas, la fin d’une ancienne vie et le début d’une période de désapprentissage d’une ancienne façon de fonctionner, pour peu que l’on accepte de vivre pleinement cette transition.  

 

Comment sait-on que l’on vit une transition ?

Lorsque l’on utilise la roue d’Hudson de manière globale on part de l’étape 1 : le nouveau projet, en étape 2 : on définit et organise ce projet puis en étape 3 : on le rentabilise, en mode plateau pendant un certain nombre de temps, mois ou années tout dépend des personnes et situations.  On est ici en phase 1, de la roue de Hudson, l’énergie est haute.  

Ensuite il peut y avoir des turbulences, des remises en question interne ou événements extérieurs qui amènent à une rupture donc à une fin, c’est ici que commence la transition.

Il est difficile d’avoir des indicateurs concrets relatif au changement car pour un changement donné, l’impact psychologique de la transition ne sera pas le même pour tout le monde.  Une personne pourrait parfaitement bien gérer la mort d’un parent et s’effondrer après l’annonce d’un changement de poste.  Il est donc primordiale de se fier à son ressenti ; le sentiment présent à ce moment, est celui d’une inadéquation.

 

Que se passe t’il à partir de ce moment là ?

Étape 4 : La Rupture ou fin

Nous voilà donc en début de transition.  Le changement est intervenu, interne ou externe, en tout cas il provoque un choc.  Cette étape est brève, on se sent en déséquilibre, désaligné avec  l’envie de se mettre en retrait, trouver une grotte où se cacher.  Il y a une perte de repères, un sentiment de ne plus se reconnaitre.  C’est là qu’on se dit… « oups, y’a un truc qui déconne là ! »  « J’ai plus du tout envie de faire telle ou telle chose », « Je ne me reconnais pas », « pfff… elle me gonfle en fait cette collège ! », « est-ce que j’ai bien fais de faire un enfant ? », « mais pourquoi elle m’a quittée ?, pourquoi ça m’arrive à moi ? », « je me sens à l’étroit dans ce poste », « j’en peux plus… », « qu’est-ce qu’il m’a prit de partir vivre au bout du monde ? »…

Il y aurait des milliers d’exemples à citer, mais ce qu’il faut retenir c’est que même si le changement est voulu (bébé, expatriation, etc…), les phases de transition vont faire remonter à la surface tous nos paradoxes et nous forcer à voir les différents aspects de notre vie.  Cela provoque très fréquemment des résistances ; il faut bien admettre que ce n’est pas très agréable. 

Comment mieux gérer cette période difficile ?

  • Une façon de mieux gérer consiste à prendre conscience et reconnaitre qu’il y a une page à tourner.  « A quoi je dis NON de mon MOI passé ? ». Bien entendu, en fonction du niveau d’importance du changement que l’on vit, cela ne se fait pas du jour au lendemain.  
  • Comprendre les différentes phases que l’on traverse peut également réellement aider à passer le cap.  Cela permet de se rassurer et de prendre du recul par rapport à la situation ; ce que l’on vit est normal, on a « juste » besoin de temps.  Juste est entre guillemets car nous verrons en partie II, que se donner du temps n’est pas toujours chose aisée (d’où l’interêt d’être accompagné).  
  • Il est primordiale de toujours garder à l’esprit que toute transition prépare le terrain d’une nouvelle évolution, de nouveaux projets.  Qu’est-ce qui veut émerger dans ma vie ? A quoi je dis OUI ?

Pour cela il faut d’abord cesser de faire ce que l’on faisait ou d’être qui l’on était.  En d’autres termes, renoncer à l’ancienne situation ou personnalité et faire le deuil de celle-ci.

Étape 5 : Le Deuil

Ce processus de deuil est une étape incontournable – même si le changement est choisi – car, en vivant une situation nouvelle, nous faisons également face à la fin d’une situation ancienne.

Elisabeth Kubler-Ross décrit le processus de deuil comme une courbe où l’individu/l’organisation/les équipes passent par différentes phases :

  • la sidération : tout d’abord rien, pas de réaction, comme dissocier de la situation, dans un état second.  Il y a bien une douleur mais on n’arrive pas à la relier à quelque chose de concret, on a le sentiment d’errer.
  • le déni : on commence à mettre en place des stratégies cognitives visant à refuser le changement, on ne veut pas voir la situation en face.
  • La colère : le changement et son caractère irréversible est maintenant compris. Prédomine un sentiment d’injustice, de rancune, de récrimination, de transfert de responsabilité sur quelqu’un d’autre,…
  • La peur et marchandage : le monde nous apparait plus dangereux qu’habituellement, on se demande ce que l’on va devenir, on se questionne, on appréhende les lendemains,…
  • La tristesse : c’est en quelque sorte la vraie prise de conscience, ce qui n’est plus, n’est plus.  Il est alors temps de lâcher-prise et de pleurer.

Remarque : les étapes colère, peur, tristesse peuvent se dérouler l’une après l’autre ou en alternance selon chaque personnalité et situation, comme une boucle.  Cette phase est  critique car si l’on s’enferme dans cette boucle il devient compliqué d’arriver à la phase suivante, à savoir, l’acceptation.

  • L’Acceptation : la ou les pertes liées à l’ancienne situation sont acceptées.  On va enfin de l’avant et et on recommence à penser à soi.
  • L’Intégration :  La situation nouvelle est comprise, c’est alors que l’on commence à créer de nouvelles sources d’attachement.

Après cette période de deuil, on retrouve enfin une nouvelle sérénité et il se peut même que l’on trouve un sens caché, un cadeau à cette épreuve.

Étape 6 : Lâcher-Prise / Bilan

Au fil de notre cheminement dans la transition et ce, chacun à son rythme propre, on commence à tirer des apprentissages et c’est alors que l’on arrive à un croisement avec deux trajets possibles soit :

Étape 7  : La Mini-Transition – Transition de type I

On sait à présent ce que l’on veut pour notre futur et on est prêt à mettre en place des aménagements qui permettront d’améliorer ce chapitre de notre vie.  L’équilibre et l’énergie reviennent, nous repartons alors vers la définition d’un nouveau projet de vie.  C’est le retour  en phase 1, étape 1, énergie haute et période d’apprentissage.  C’est ce qui arrive la plupart du temps.

De temps en temps, cependant, c’est plus compliqué de rebondir et repartir vers un nouveau projet.  Ça ne suffit pas.  Il y a une perte plus profonde qui va alors toucher notre identité.  Le questionnement est ininterrompu et le sujet du sens se fait plus prégnant. Il arrive également parfois qu’une forme de dépression s’installe.

On entre alors dans une transition de type II qui est marquée par une phase plus ou moins longue de latence.

A très vite pour la suite …

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